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Parlement de Wallonie, Question écrite
Question écrite à Monsieur Pierre-Yves JEHOLET, Ministre de l’Economie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation au sujet de la publication de la composition et des missions du Conseil wallon de l’exportation.


Question écrite du 12/02/2019


J’ai interrogé Monsieur le Ministre le 29 janvier sur la création annoncée du Conseil wallon de l’exportation.

Il m’avait apporté quelques réponses, mais comme je lui avais alors dit, j’étais un peu restée sur ma faim.

Alors quand moins de deux jours plus tard paraissaient dans L’Écho le nombre, la liste détaillée des membres de ce Conseil et le nom de son président, j’ai un peu été interpellée.

D’autant plus qu’il y détaille l’agenda de la mission du Conseil à six mois, ainsi que l’annualité des recommandations, autant d’informations n’ayant pas figuré dans sa réponse au Parlement.

Je suis surprise que ces éléments n’aient pas été présentés dans sa réponse en commission. Devons-nous comprendre que la priorité n’a pas été donnée au Parlement, mais à la presse ?

J’espère bien entendu qu’il s’agit d’un malentendu et que nous pourrons l’éviter la prochaine fois.

Je reviens donc aujourd’hui vers lui afin qu’il nous détaille la mission précise du Conseil, ce que doit comporter comme éléments « la stratégie de dynamisation de l’internationalisation des entreprises wallonnes » à rendre dans six mois, et le détail des informations que devront contenir les recommandations annuelles (appelées « recommandations concrètes tant en termes d’internationalisation des entreprises que d’attractivité de la Région wallonne envers les investisseurs étrangers »). Je ne doute pas que Monsieur le Ministre nous exposera ces détails dans cette enceinte. 

Quant au choix des neuf membres du Conseil, dont le président annoncé, Monsieur Eylenbosch (membre du comité stratégique de la FEB et aussi vice-président de Coca-Cola dont j’espère que les travailleurs du site supprimé d’Heppignies bénéficieront de toute son attention), je constate, comme nous l’a fait remarquer ma collègue Anne Lambelin, qu’il contient deux femmes sur neuf membres. Un effort aurait peut-être pu être fourni pour équilibrer davantage leur visibilité. 

Envisage-t-il ultérieurement de prendre davantage ce critère en compte ?


Réponse du 14/03/2019


L’article de presse dont l’honorable membre fait mention est le résultat d’une fuite malheureuse que je déplore, le jour même où le Gouvernement wallon devait se positionner sur cette proposition qui a depuis été validée. 


S’agissant des suppositions de l’honorable membre, il n’est bien évidemment nullement dans mon intention de cacher des informations au Parlement. Cependant, dans le cadre d’un projet de cette nature, elle comprendra qu’à partir du moment où le Gouvernement ne l’a pas encore totalement et définitivement avalisé, il n’est pas opportun de s’avancer sur certains aspects. 

En ce qui concerne sa question sur les détails de la stratégie et des recommandations que le Conseil devra formuler au Gouvernement, j’avoue être un peu perplexe. Comment veut-elle que je les lui donne, alors que c’est précisément ce sur quoi le Conseil devra se pencher d’ici octobre 2019 (et non pas dans les six mois comme elle a pu le lire dans la presse) ?

Je me répète, l’objectif de cette initiative est de se doter d’un organisme capable de réaliser la synthèse de l’action de la Wallonie dans le cadre de l’internationalisation de ses entreprises, en proposant une stratégie de décloisonnement de l’action de tous les organismes wallons qui peuvent jouer un rôle dans cette internationalisation. Par ailleurs, dans un second temps, la mission du Conseil sera de formuler des recommandations, sur base d’un travail de prospective, de « benchmarking » et de « monitoring » de l’action du Gouvernement. 

Quant à sa question sur l’égalité homme-femme, je partage son constat qu’il faut plus de femmes à la tête des entreprises wallonnes. C’est la raison pour laquelle, depuis que j’occupe mes fonctions, j’ai pris plusieurs initiatives afin de favoriser l’entrepreneuriat au féminin et la présence de plus de femmes dans des secteurs d’avenir, dont notamment :

• Mise en place d’une aide pour les mamans-cheffes d’entreprises :
Cette aide permettra à une femme-cheffe d’entreprise en période de maternité d’être épaulée dans sa tâche par un relais managérial afin de lui permettre de consacrer du temps à son bébé tout en assurant le maintien de l’activité de son entreprise. L’objectif de cette mesure est multiple. Il s’agit tout d’abord d’éviter que la grossesse et la maternité soient un frein à l’entrepreneuriat des femmes et à la croissance des entreprises pilotées par des femmes. Par ailleurs, cela apportera également une certaine sérénité à la cheffe d’entreprise pendant une période importante de sa vie personnelle. 

• La sensibilisation féminine aux métiers du numérique :
La pénurie de vocations vers les filières informatiques, à laquelle sont confrontées les Universités et hautes écoles, et en conséquence, la pénurie de profils IT à laquelle sont confrontées les entreprises constitue un enjeu majeur pour lequel la sous-représentation des femmes est une préoccupation supplémentaire. La masculinisation des études à caractère scientifique et technique est en partie responsable du faible taux d’inclusion des femmes dans le secteur du numérique, et ce, malgré que nos universités travaillent à l’intégration des femmes dans leurs filières informatiques en organisant, par exemple, des séances d’information spécialement à leur attention. Dans ce contexte, une campagne de sensibilisation « Wallonia Wonder Woman » a été lancée le 31 août 2018 dans le but de transmettre une image attractive et moderne des métiers du numérique, et valoriser les opportunités de carrière dans l’économie numérique. 

• Promotion des femmes dans le cadre de l’entrepreneuriat :
À ma demande, une directive a été transmise auprès de toutes mes administrations, imposant d’utiliser des images de femmes dans les supports de communication portant sur l’entrepreneuriat. 

Ces différentes initiatives démontrent ma volonté d’améliorer la situation des femmes dans le monde de l’entreprise.
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